Vous êtes invités à la soutenance de thèse de Chrystele ODY dont l’intitulé est "L’architecture corticale du contrôle cognitif chez l’Homme".
La soutenance aura lieu le mardi 29 mai 2007 à 14h30 à Jussieu , Bâtiment C salle 206 (plan). Bien sûr, un pot suivra au laboratoire ANiM (Jussieu, Bâtiment C, 6ème étage).
Cette thèse sera présentée devant le jury suivant :
M. Jean-Claude Dreher - Rapporteur
Mme Angela Sirigu - Rapporteur
M. Stanislas Dehaene - Examinateur
M. Bruno Dubois - Examinateur
M. Etienne Koechlin - Directeur de thèse
M. Emmanuel Procyk - Examinateur
M. Yves Rossetti - Examinateur
RESUME :
Le contrôle cognitif est défini comme l’ensemble des processus guidant la sélection de nos actions en fonction de nos buts et des évènements externes. Mon travail de thèse vise à mieux comprendre les bases neurales du contrôle cognitif chez l’humain au moyen de l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf).
Dans une première étude, nous montrons qu’il existe trois niveaux de contrôle cognitif, chacun étant supporté par une région spécifique du cortex frontal latéral : le contrôle sensoriel, exercé par le cortex prémoteur, sélectionne les actions appropriées en fonction des stimuli présentés ; le contrôle contextuel, exercé par le cortex préfrontal latéral (CPFL) caudal, sélectionne les tâches appropriées en fonction du contexte dans lequel apparaissent les stimuli ; le contrôle épisodique, exercé par le CPFL rostral, sélectionne les tâches et les réponses en fonction des événements passés. Cette architecture est hiérarchique, chaque région préfrontale exerçant un contrôle sur la région qui lui est postérieure.
Dans une deuxième étude, nous montrons que les contrôles sensoriel et contextuel interviennent également dans la sélection préparatoire des actions en réponse à la survenue d’un indice instructionnel précédant le stimulus, et engagent alors respectivement les mêmes régions prémotrices et préfrontales caudales qui sont engagées au moment de l’exécution des réponses et des tâches. Le contrôle épisodique intervient également en phase de préparation, et, conformément à l’organisation hiérarchique du contrôle cognitif, engage les régions du CPFL correspondant au niveau de contrôle le plus élevé jusqu’aux régions correspondant au plus bas niveau pouvant être préparé.
Dans une troisième étude, nous montrons que chacune des régions du cortex frontal latéral possède une homologue fonctionnelle dans le cortex pariétal. La réciproque n’est toutefois pas vérifiée : nous révélons une région pariétale spécifique sans homologue frontale, qui serait impliquée dans le calcul, et non dans la sélection, des réponses possibles associées aux stimuli perçus. En outre, nos résultats suggèrent que les systèmes frontal et pariétal diffèrent par leur architecture fonctionnelle : alors que les régions frontales présentent une organisation en cascade, les régions pariétales ont une architecture parallèle adaptée à la sélection dans les espaces perceptifs des informations nécessaires à la sélection des actions pertinentes. Nos résultats expérimentaux supportent ainsi un modèle global de l’organisation du contrôle cognitif dans le cortex cérébral.


